11 octobre 2008
Projets d'automne

Je m'étais toujours dit que je n'irais jamais au Mexique. La chaleur, les crampes d'estomac, la policia, la musique, les cours d'espagnol du cegep... Signe des temps peut-être, ou influence de gentils étudiants et de films mexicains, c'est justement là que je m'en irai dans trois semaines. Pour souligner l'occasion, j'ai justement reçu en cadeau une jolie caméra qui me suivra durant mon aventure, question de vous garder près de moi pendant que je calcinerai au sud.
28 avril 2008
Cambridge, Harvard
J’avais eu la bonne idée de marcher jusqu’à Cambridge depuis Back Bay parce que ça ne semblait pas si loin. Marie, ma petite Marie, il faudrait commencer à te méfier des cartes…

Cette petite marche de santé m’aura finalement pris deux heures, où il m’a semblé traverser la ville au grand complet. D’abord heureuse d’avoir passé le Harvard Bridge, et déjà séduite par l’architecture de l’établissement (véritable "temple" de savoir!) qui était devant moi, j’étais loin de me douter qu’il ne s’agissait en fait que de l’Institut de Technologie, et que Harvard se trouvait encore loin. Une carte m’apprendra plus tard que je me trouvais encore bien loin de mon profit. Heureusement, j’ai pu découvrir la ville qui s’éveillait.
On aborde Cambridge en longeant la Massachusetts avenue, tout juste après le pont. On passe d’abord par le campus du MIT pour ensuite se diriger vers le cœur de la ville. Tôt le matin, il y a de jeunes étudiants qui font leur jogging matinal, quelques clochards qui vous saluent (en vous demandant une petite contribution) sur les trottoirs, des jardiniers qui s’affairent sur les magnifiques terrains de l’université.
Après 45 minutes de marche, vous arrivez finalement au Harvard Square, le point névralgique de la ville avec son métro, ses petites boutiques, sa vieille librairie, et ses manifestants pour la paix ou le droit des animaux. Cambridge a en fait des airs de charmant petit village de la Nouvelle-Angleterre, où nous ne serions pas surpris de croiser les Gilmore Girls filant vers leur café favori. Un jeune résident m’a confié que les étudiants de Cambridge, aussi incroyable que cela puisse sembler, ne vont que très rarement à Boston (qui est pourtant juste à côté), ces derniers ayant déjà tout ce dont ils ont besoin à Cambridge.
Vient ensuite l’incontournable Harvard, but de ma visite. Le lieu de la conférence trouvé, il me restait encore un peu de temps pour visiter le campus. Le Harvard Yard offre aux étudiants qui veulent se détendre ou réfléchir en paix des cours verdoyantes et ombragées. Sous l’œil des bâtiments de briques rouge (les célèbres Harvard Bricks) qui ont des airs de fabriques et des quelques grilles aux entrées, on peut sillonner les allées afin de se rendre à la grande bibliothèque, à la chapelle, à la statue, ou aux différents musées. Le campus est moins impressionnant que l’Institut des Sciences, et moins charmant que notre vieux McGill, mais bon, quand on a la chance de flâner à Harvard, ça demeure un léger détail.
Et la conférence dans tout cela? Oui, la conférence s’est bien déroulée. J’ai présenté sans problème mon travail dans une très jolie salle du pavillon Baker et répondu à d’intéressantes questions. Cependant, j’ai trouvé l’ambiance un peu froide. Peut-être était-ce seulement dû au fait que je n’avais pas beaucoup de personnes à qui parler, la majorité étudiant des sujets très différents des miens, les autres étant tout simplement « plus vieux »? Même ma présentation n’était pas à son meilleur, la barrière linguistique me forçant à regarder trop souvent ma feuille et à offrir une dissertation peut-être un peu moins dynamique que ce que j’ai l’habitude de présenter. Ce fut quand même une belle expérience.

Un air de printemps

Vient un moment ou on a besoin d'un peu de calme. C'est en fait le corps qui le réclame. Plus capable d'entendre la montée d'un autre autobus ou camion lourd, le crissement des pneus, les klaxons et les moteurs. En plus d'une chambre donnant directement sur une grosse artère, j'étais régulièrement réveillée par les bruits de la rue (quand ce n'était pas la tuyauterie du chauffage qui pétaradait). Bref, un peu de tranquillité fait parfois du bien. Et à Boston, il y en a également.
D'abord le quartier cossu de Beacon Hill... des rues étroites et pentues qui ont gardé leur charme d'antan. Lampes à gaz, maisons de briques rouges, portes coquettes... le temps semble s'y être arrêté, à notre grand plaisir. Bon, on est loin du charme des hauteurs du Södermalm ou du panorama du Mont-Royal, leur "hill" ne se résumant qu'à une petite dénivellation. Pourtant, c'est l'endroit idéal où se promener en s'imaginant dans un film de Meg Ryan.
Si vous en avez assez de la brique, il y a les parcs, endroits préférés des joggeurs et des chiens. En plus des espaces verts longeant la rivière Charles, vous trouverez plusieurs parcs publiques fréquentés par une foule diverse. C'est le moment idéal pour casser la croûte, se reposer, ou prendre quelques photos loin de la cohue urbaine.
Une bien longue marche

Quand on a du temps à perdre, rien de mieux qu'empocher son guide de la ville et de la parcourir de long en large. Heureusement, Boston possède aussi un très bon système de transport, dont le "T", son métro, facilement accessible grâce à la "Charlie Card".
Boston est une ville aux multiples visages. D'un côté il y a la mer, les chef d'oeuvres architecturaux, la joie de vivre des passants, les attraits touristiques. De l'autre, il y a l'Amérique blasée, des contrôleurs de métro impatients et hargneux, des chauffeurs qui se gueulent les uns après les autres, des gens obèses, des emplois précaires occupés presque essentiellement par des afro-américains désabusés qu'on voit balayer les rues ou charger des bus. Il est vraiment frappant de voir autant de différences sociales et de mal-être chez ces travailleurs qui semblent tous en avoir assez. Bref, mon arrivée à la station centrale m'a un peu surprise.
Si on a envie de respirer, on s'arme d'une carte et on se lance. On peut se promener le long de la rivière ou de la mer, se perdre dans les hauteurs du quartier financier, remonter l'historique Freedom Trail ou se mêler à la foule joyeuse du Quincy Market, un marché public couvert bordé de plusieurs boutiques et vendeurs itinérants qui attirent les passants jusqu'à tard dans la soirée.

J'ai aussi traîné au quartier chinois (quelconque, le quartier...). Ayant envie de goûter à la légendaire soupe de Pho Pasteur, j'ai poiroté pendant quinze minutes avant qu'on vienne me voir. Quand on m'a demandé si j'étais prête à commander et que le serveur disparut une fois de plus, j'ai ramassé mes affaires et je suis partie furieuse. Surtout qu'on n'était que 5 dans tout le restaurant et que tout le monde avait été servi avant moi. Bref, je suis allée manger une salade chez un restaurant-traiteur, boutique d'aliments frais (et sains!) qui me sauvera plus d'une fois la vie durant mon séjour.
On peut vraiment dire que j'ai parcouru toute la ville à pied, n'épargnant aucun quartier ni recoin. C'est bien fatiguée que j'ai regagné le YWCA ce soir-là.
Soirée sur les quais

Avec ses gratte-ciels modernes et tout son béton, il est facile d'oublier que Boston est une ville située près de l'eau. Il suffit de faire un détour par le North End et le Waterfront pour se retrouver dans un tout autre univers. Le port est généralement le premier endroit que je visite dans une ville, parce que c'est celui que je préfère. Le large, l'air salin, les oiseaux, le bruit des vagues, les bateaux... c'est le symbole ultime des vacances.
Fidèle aux traditions des vacances d'été (parce que ne nous leurrons pas, je n'en aurai pas d'autres cette année) où nous allions en famille manger des fruits de mer à quelques kilomètres de Old Orchard, j'avais décidé d'honorer la réputation de la Nouvelle-Angleterre et de me payer un bon homard frais au bord de l'eau.
Envie de fruits de mer très bon marché? Le No Name Restaurant est l'endroit qu'il vous faut. Vieille baraque reculée sur un quai, menus crasseux, verres en cartons et serviettes de papier, le No Name ne fait pas dans la dentelle. Par contre, vous en avez pour votre argent. J'étais gênée de voir toute cette nourriture que je n'allais pas pouvoir manger. En plus de mon homard, on m'avait apporté une demi baguette à l'ail, un épi de maïs bouilli, des frites, de la salade de chou et des crevettes popcorn. La table était pleine. Disons que le petit bout de fille que je suis n'est pas passée inaperçue au milieu de toute cette nourriture, et on avait bien hâte de voir si je finirais mes assiettes. J'ai pourtant fait honneur au repas et j'ai presque tout mangé (pour en souffrir la nuit venue, mais ça c'est une autre histoire).
Je me suis donc attiré la sympathie d'un vieux loup de mer et de son équipe de pêcheurs qui m'ont parlé en français! Il semblait bien impressionné par ma technique de décortication (c'est qu'après des tonnes de kräftor suédois, on commence à en connaître l'anatomie!). Ils voulaient même m'amener en mer le lendemain sur leur bateau, mais bon, quand on est seule, ce n'est pas le genre d'invitations sur lesquelles on saute. Même le vieux serveur sud-américain est venu s'asseoir à côté de moi pour me parler un peu. Mais ça, dit-il, c'était seulement pour le "tip". On déchante vite au pays de l'Oncle Sam.
27 avril 2008
Boston

Alors Boston, c'était comment? Pas mal... Mais pour des vacances dépaysantes, on repassera, puisque la ville ressemble étrangement à Montréal avec son architecture, son port et ses bâtiments bruns. Par contre, c'est beaucoup plus bruyant!
Départ de très bonne heure jeudi à bord d'un gros autobus Greyhound. Premier arrêt: les douanes américaines, où deux policiers peu sympatiques nous attendaient afin de débusquer le terroriste se trouvant inévitablement parmi nous. Il a bien fallu une heure à ces gros durs pour filtrer la quarantaine de passagers qui s'étaient entassés dans le petit local. Il y en a qui prennent vraiment leur travail au sérieux. Une femme devant moi, qui a eu le malheur de parler d'une conférence, a dû fournir invitation, plan de présentation et pièces d'identité additionnelles. Laissez-moi vous dire que quand on m'a demandé le but de ma visite, j'ai fait simple: "tourisme".
Le clou du spectacle était un vieux Quaker avec sa barbe et son chapeau, muni d'un acte de naissance douteux écrit à la main, sorti d'une valise à la "Mr Bean", dans laquelle en était rangée une plus petite. Il a fait le délice des deux lourdeaux qui l'ont vite fait passer à l'arrière. Trente-cinq minutes plus tard, le Quaker est réapparu dans l'autobus qui l'attendait, toujours en vie, sa grosse valise à la main. Il est descendu à moins de 500 mètres plus loin, au milieu d'un champ, une fois les douanes passées. Un cheval la prochaine fois?
06 avril 2008
Six heures plus tard... Boston
Ou disons plutôt sept, en autobus.

Hé oui, une nouvelle escapade se profile à l'horizon, cette fois-ci, chez nos amis du sud. J'ai été sélectionnée pour participer à une conférence universitaire, "Instabilité et décomposition" (miam..), et j'y présenterai un travail sur l'influence de la langue québécoise dans les années soixante à travers les réflexions des philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari. Je sais, vous dormez déjà, mais n'empêche que ça va me permettre de briser la routine. En plus, mes frais de déplacement sont remboursés. C'est qu'ils savent recevoir, les Américains! Je vous donnerai des nouvelles à la fin du mois où vous pourrez suivre mes aventures en sol américain. Pour l'instant, le train-train continue...
23 juin 2007
Mon premier midsommar

C'était en 1999, en Finlande. Après une longue promenade en bateau à travers les îles du nord de Turku, nous étions descendus sur un petit lot de terre avec une cabane rustique en plein milieu. La toilette était non loin de là, impeccable, dans un petit cabinet de bois. Quelques panneaux le long de la plage indiquaient que la cabane s'éclairait grâce à l'énergie solaire et de grands barils semblaient recueillir l'eau de pluie pour la cuisson. Le bateau était chargé de victuailles pour la soirée, et nous avions aidé à décharger les tartes, les pots de hareng, le saumon et les pommes de terre sur la terre ferme.
Je me rappelle d'une balade en chaloupe avec mon amie Sara et son copain Walter à la rame. D'une promenade pour explorer l'île et de la découverte d'une grande clairière qui semblait autrefois être un champ. Je me rappelle de nombreuses parties de cartes et de salmiakki, de grands repas en famille à l'extérieur. Je me souviens de ce matin où, en revenant des toilettes, j'étais tombée sur la grand-mère de Sara qui ne parlait pas anglais. Elle m'avait bredouillé un truc en allemand, et comme je lui avais souri, elle s'était mise en tête que je le parlais. Une adorable femme.
Le midsommar s'était préparé toute la journée. La table était couverte de bonnes choses, dont l'inoubliable graavilohi (gravlax) de la mère de Sarah. Beaucoup d'invités sont venus ce jour là. Des oncles et des tantes (dont l'un a tenté de me convertir -sans succès- au lait caillé), le frère de Sarah et ses copains (tout un numéro ceux-là), des voisins.
Puis ce fut le temps du sauna traditionnel, un moment privilégié où les Finlandais profitent de la vapeur du feu pour socialiser et se détendre. J'ai été bien surprise de voir tout le monde enlever si gaîment ses vêtements et se jeter plus tard, dans le plus simple appareil, dans la mer glacée. Heureusement, j'ai eu une session de sauna privé en maillot de bain avec mes deux amis, où j'y ai appris tous les rituels. Il faisait bien chaud dans ce sauna, et assise sur la dernière marche, je devais respirer dans mes mains pour ne pas étouffer. Ça sentait bon le bouleau, puisque des branches servaient à activer notre circulation. Mais disons que la fraîcheur de l'eau de pluie avec laquelle nous nous lavions était la bienvenue. Ensuite, nous nous sommes jetés dans la mer pour ensuite retourner au sauna.
Évidemment, les choses se sont animées dans la soirée, et l'alcool coulait à flot du côté des Finlandais, qui chantaient et commençaient à radoter les mêmes vieilles histoires. Nous avons mangé avec nos doigts de drôles de poissons plats, fumés et grillés sur les braises par le père de Sara. Puis une fille a noyé son chagrin d'amour dans le sauna et a perdu connaissance en plongeant du quai. Le soir tombait, même s'il ne fait jamais tout à fait noir à cette hauteur du globe. Les jeunes se sont entassés dans la petite cabane pour discuter et le frère de Sara a préparé des cocktails pour les pauvres petits voisins de 14 ans venus nous saluer. On a regardé le soleil se lever, puis on est tous allés se coucher au grenier.
J'ai eu bien de la chance d'avoir été "adoptée" par cette gentille famille ce weekend-là. Je me souviens d'un midsommar suédois beaucoup plus amer. Le midsommar, comme toute fête nationale, est avant tout une grande réunion en famille et entre amis. En cette veille des célébrations de la Saint-Jean, je vous invite à penser à tous les expatriés et les visiteurs solitaires qui, en ce jour de fête nationale, loin de leur famille et de leur pays, se sentent plus seuls et plus différents que jamais au milieu de vos chants nationaux et de vos pique-niques. Qui initierez-vous à la joie des célébrations cette année?
(Bonne St-Jean à mes lecteurs québécois!)
22 avril 2007
Saltsjöbaden
On s'imagine que c'est un petit village de pêcheurs au bord de la mer Baltique, des maisons de bois et des îlots colorant l'archipel. Mais pas vraiment. Saltsjöbaden, ce n'est pas moche, c'est juste qu'il y manque un peu d'action. Quelques bateaux de riches, de jolies villas de bois, mais c'est à peu près tout. Pas d'odeur de mer, pas de vieux rafiot, pas de fish&chips, pas de plage. La visite fut courte.

Nous avons terminé la journée en prison... ou plutôt dans un café-resto de la vieille ville, installé dans les profondeurs d'une ancienne prison médiévale. Pour l'effet de caverne, c'est réussi. L'atmosphère est agréable et feutrée, mais heureusement qu'il fait sombre, car vous n'auriez peut-être pas envie de manger ce qui se trouve dans votre assiette. Mais au diable les attrappe-touristes quand on a faim!

21 avril 2007
Samedi Royal
(mais aucun lien avec les élections)

Grand incontournable des destinations touristiques suédoises, le palais royal de Drottningholm est la résidence officielle de la famille royale depuis 1981. Le château, ainsi que son immense parc-jardin, est ouvert au public (l'extérieur est gratuit, sinon il faut sortir le porte-monnaie). Les jardins baroques, les allées d'arbres, les grands espaces verts, l'eau bleue, les statues et les pavillons, créent vraiment un paysage royal et magnifique, qui doit être encore plus beau l'été ou l'automne. J'ai eu un peu de mal à digérer le douteux pavillon chinois et ses couleurs de cirque (et que dire de l'infâme tente grecque quelques pas avant), mais le reste en faisait bien vite oublier l'horreur.

À l'intérieur, nous avons pris part à une visite guidée nous amenant dans les différentes pièces du château ouvertes au public. Vieilles tapisseries, dorures, lustres et meubles précieux étaient au menu, le tout emballé dans un style baroque ou rococo. Étrangement, on se serait crus dans un décor de théâtre, avec le faux marbre des murs et les fresques du plafond. J'ai beaucoup aimé la visite, tant pour les explications historiques que pour la découverte des différentes salles, mais je n'ai pas vraiment été impressionnée par aucune en particulier. Peut-être les Suédois trouvaient-ils, même dans ce temps-là, le moyen de rester sobres.
Aucune trace de la famille royale, mais je garde espoir d'être invitée au mariage de Victoria.












