Six heures plus tard: Stockholm

Six heures plus tard... en Scandinavie! Le journal de bord et les aventures d'une enseignante de Montréal partie vivre en Suède pour un an.

20 avril 2012

Relents de Finlande

Pendant que je suis là, autant vous gâter. 

Une des choses qui me tiennent occupée ces temps-ci est mon futur déménagement. Hé oui, vous voyez déjà venir le récit de mes déboires de décoration. Mais tout d'abord, il faut jeter. Les vêtements qui ont passé 2 années sans être portés mais qui "pourraient servir un jour!", les notes et livres de cours jamais relus, les cartes de noël et correspondance sans intérêt, les objets brisés qu'on ne réparera jamais, etc. J'ai aussi trouvé ma boîte à souvenirs de voyage. Des reliques un peu décevantes il faut dire, et dont j'ai dû jeter la moitié, faute de me souvenir à quoi elles faisaient référence. Factures diverses, billets de trains que je ne me rappelle plus avoir pris, étiquettes de bonbons... ma collection est quand même vaste.

Je regarde la boîte et je me dis... rien de mieux que de radoter ses vieux souvenirs à qui veut l'entendre. Sinon, à quoi bon les conserver? Je ressors donc pour vous le meilleur de ma poussière afin de vous raconter quelques anecdotes de mon tout premier voyage. C'était avant les années 2000, avant de commencer l'université. J'avais décidé d'aller passer deux semaines en Finlande pour aller rencontrer dans différentes villes des amis que j'avais rencontrés sur un forum de discussion (mIRC, pour les vieux routards). Ça c'était avant l'existence de toute notion de sécurité sur le web, il va sans dire. 

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Ze bouteille. Objet le plus impressionnant de la collection. C'est pour dire. Après des heures et des heures de vol, je me trouvais finalement dans le pays de mes rêves. Je n'avais pas dormi depuis la veille, et la dernière chose que j'avais bue était probablement un demi verre d'eau servi par l'hôtesse de l'air. Bref, après être débarquée à Helsinki et avoir exploré le centre-ville, j'ai commencé à avoir soif. Grave. Mine de rien, c'est pas facile se trouver quelque chose à boire lorsqu'on vient de débarquer. Tout est si différent! Et la langue... n'en parlons même pas. L'auberge ne m'accueillait que vers 14h et dans mon esprit de jeune voyageuse, ils me laisseraient probablement sécher dehors si j'osais me pointer plus tôt pour demander de l'eau. Bref. J'en déniche finalement sur l'esplanade. Je débouche le truc... et horreur! De l'eau minérale! Ceux qui me connaissent savent que je suis incapable de boire des bulles, peu importe leur forme. Cela pourra faire l'objet d'un prochain billet, mais sachez seulement que même assoiffée, j'ai été incapable d'en boire une gorgée complète. Je me rappelle avoir versé quelques gouttes dans le bouchon en pensant que l'air sortirait plus vite si je soufflais dessus, mais en vain. 

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Ma Finnrail. Une espèce de passe de train qui me permettait de me déplacer partout au pays pour un certain nombre de jours. À voir la tête du gars à la gare, elle n'était pas souvent demandée. Elle m'a servi à faire un décent petit tour du pays. Ne sachant pas trop comment cela fonctionnait, et voulant être certaine d'avoir une place dans le train, j'avais acheté une réservation pour un siège. Ainsi, quand le contrôleur est venu me demander mon billet et que je lui ai remis la réservation, il a commencé à insister en finnois. Je ne comprenais rien, et je commençais à paniquer. Un passager m'a gentiment fait comprendre qu'il fallait un autre billet. Je me suis finalement souvenue de ma passe, mais disons que ça augurait mal pour ma première expérience ferroviaire.

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Je devais rencontrer un dénommé dSt (short pour "Distorted", parce qu'on était tellement cool dans ce temps-là) à Joensuu. C'était un Suédois qui bredouillait le français et qui avait créé un band avec ses amis. Je logeais à l'auberge jeunesse de la ville. Un après-midi, je suis sortie pour aller m'acheter du jus d'orange au dépanneur du coin (qui vendait des petits pains à la viande exquis que je n'ai jamais remangés jusqu'à ce jour). En revenant, j'ai constaté que la porte de l'auberge était verrouillée. Mes clés et toutes mes affaires étaient restées dedans. Bien joué. Après avoir attendu un peu, puis constaté que personne ne viendrait avant le souper, je me suis hissée sur une bicyclette et j'ai passé par la petite fenêtre que vous voyez sur la gauche. Je m'attendais à voir débarquer la police à tout moment en voyant une partie de mon corps se balançant par la fenêtre, mais non. 

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L'intérieur, c'était ça. Un tas de lits superposés avec une salle de bain pour tous. Je crois que c'était un ancien camp scoot. Heureusement, la salle n'était pas comble et ça ne ronflait pas trop fort. Il y avait un espèce de motard finlandais, beaucoup plus vieux que tous les autres, qui faisait la conversation. On se demande un peu ce qu'il faisait là. Je me souviens aussi d'avoir vu quelqu'un se faire un gruau appétissant un matin et me demander si les autres logeurs avaient le droit d'en prendre. J'ai pris ma faim en patience.

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À Helsinki, j'ai rencontré une autre passionée de Finlande. C'était une Allemande nommée Ulrike. On allait souvent parler sur les marches de la cathédrale en mangeant du chocolat. Je me souviens d'une journée particulièrement chaude où nous en avions acheté de toutes sortes. J'en ai mangé pas mal. Je devais prendre ensuite le train vers Turku... et disons que j'ai pas mal regretté cet abus de sucre.

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Je devais passer quelques jours à Turku, dans la famille de Neves (lisez à l'envers et vous obtiendrez Seven... je vous dis qu'on était cool). Sara, de son vrai nom, m'avait gentillement invitée à passer le Midsommar avec elle (lisez l'histoire ici), sa famille, et son copain Ysalamiri (un autre pseudo... personnage de Star wars je crois). Si vous regardez attentivement la carte, vous remarquerez à droite un trajet tracé au stylo bleu. En fait, je devais appeler Sara à mon arrivée à la gare, mais comme je ne voulais pas dépenser mon argent en carte d'appel, j'avais eu la bonne idée de me rendre chez elle À PIED. Sachez mesdames, messieurs, que mon sens inouï de l'orientation et de perception spatiale ne date pas d'hier. Je me suis non seulement plusieurs fois trompée de rue, mais la distance séparant la gare de chez elle était pas mal plus grande que prévue. Et c'est sans parler de mon méga sac de backpacker sur le dos. Je me suis heureusement rendue. 

Je crois qu'on a fait un premier tour de la collection. Je crois aussi avoir enregistré mes impressions quotidiennes sur un mini-magnétophone que je trainais avec moi. En apprendrez vous plus sur le motard? dSt est-il devenu une star? Que s'est-il réellement passé dans la forteresse de Savonlinna? D'autres détails croustillants vous attendent peut-être un autre jour. En attendant, je vous laisse spéculer sur mon pseudo de l'époque. Pas difficile à deviner, puisque la réponse se trouve sur ce blog.

Posté par vorteex à 04:16 - Escapades - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Que de beaux souvenirs! J'ai jamais conservé de reliques, mais je regrette de ne pas avoir tenu de journal de voyage. Comme je suis paresseuse, je me fais la remarque depuis un temps, mais je ne m'y suis jamais mis...

    Posté par arielle, 01 mai 2012 à 12:38

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