28 octobre 2009
Quand la boutique est mieux que la pratique
Dans mon évaluation mensuelle d'aujourd'hui, où les commentaires des étudiants nous sont révélés de façon anonyme avec toutes les fautes qui leur sont dû:
"J'adore faire les courses avec Marie"
Il y a mon patron qui va se poser des questions...
04 avril 2009
Ce qu'on trouve dans les rues
Un passant: Vous êtes des étudiants étrangers? D'où venez-vous?
-Du Danemark.
-Du quoi?
-Du Danemark.
-Aaaah ok. C'est aux États-Unis?
01 avril 2009
Première journée
Pfiou! Une première journée de terminée. Heureusement, tout s'est bien passé, même s'il faudra s'ajuster un peu. Exit l'idée d'exiger le français en classe, de travailler sur les irréguliers ou d'organiser des discussions. Le clan est bien formé et il sait ce qu'il veut... et ce qu'il ne veut pas. Même le temps s'écoule à une vitesse différente que je devrai apprivoiser. Évidemment, quand on enseigne longtemps dans un endroit, on oublie que la clientèle et les conditions varient d'une école à l'autre. Dans ce cas-ci, les étudiants veulent en apprendre davantage sur la culture que sur la grammaire, ce qui me forcera à varier un peu mon matériel et à faire des recherches. Leur niveau est plutôt inégal, on navigue entre le moulin à paroles et le "Je me appelle", mais ils sont tout de même plus forts que prévu à l'oral et à l'écoute (ou du moins jouent bien le jeu). Ils semblent motivés, ils ont beaucoup de questions... mais c'est une lame à deux tranchants qui me forcera à user d'un nouveau type d'imagination et de beaucoup de préparation. J'y retourne demain, en espérant ne pas trop les dégoûter avec mon rallye extérieur.
29 mars 2009
Un vent du nord

Vous me pensiez disparue, mais vous vous trompiez. Me voilà de retour avec un peu de nouveau. J’ai été choisie pour accueillir et enseigner à un groupe d’étudiants en provenance du… Danemark! C'est un défi très intéressant en ce début de printemps qui coincidait justement avec une envie de changement. Évidemment, après une semaine de soleil, le temps sera à la pluie pour les cinq prochains jours suivant leur arrivée, mais ils y seront probablement déjà habitués. Reste à savoir de quoi aura l'air la chimie de ce groupe et si je pourrai facilement, après avoir goûté à l'énergie débordante de mes étudiants du sud, ré-apprivoiser la sobriété nordique.
04 mars 2009
Petits plaisirs de l'enseignement

C'est ce qui arrive quand on enseigne à une classe de garçons. Ils vous cochonnent la classe après chaque leçon, ils arrivent en retard ou pas du tout, ils jouent les durs, se chamaillent, laissent traîner leurs feuilles et leurs bottes... et finissent par interrompre votre nouvelle classe pour vous offrir des fleurs. Muito obrigada!!
11 janvier 2009
Mots d'étudiants
Moi: Ok, pour les minutes qui restent, on va faire une petite composition. Le sujet est au choix. Sur quoi avez-vous envie d'écrire?
Une étudiante lève la main: Sur une table!
10 septembre 2008
C'est quoi ton nom?
Début de session: des débutants tous neufs et heureux d'apprendre. Les premiers jours, c'est pas sorcier, on apprend les salutations ainsi que le classique "Je m'appelle...". On fait répéter et répéter pour que ça rentre bien dans leur petite tête. Ce que ces chers étudiants ne savent pas, c'est que je les fait aussi répéter pour mon propre compte.
Je suis incapable de me souvenir de mes étudiants. Non seulement les noms de ces demi-douzaine de Luiza et de Paula ne me rentrent pas dans la tête, mais j'en viens à oublier jusqu'à leur visage. Et hors contexte, alors là ouf, c'est sans espoir. Je ne sais même plus qui ils sont. J'ai donc pris l'habitude de dessiner à côté de leur nom un petit symbole me permettant de le mémoriser. "Elle c'est celle avec les lunettes", "Elle c'est celle qui ressemble à Avril Lavigne". Ça fonctionne quand elles ont un trait particulier, quand c'est l'unique blonde de la classe, ou quand c'est "la fille qui parle tout le temps". Que faire quand elles ont toutes un air hispano, de longs cheveux noirs et pratiquement le même visage blasé? Ça fait cinq flous sur la feuille des présences, cinq "hm... toi là-bas" . Mais bon, rien à faire. J'ai habituellement une excellente mémoire, mais ajoutez-y des visages ou des chiffres, et me voilà aussi fonctionnelle qu'une amnésique. Parlant un jour avec une jeune fille qui demandait conseil, je lui avais demandé qui était son professeur, pour me faire répondre l'inévitable "Ben, c'est toi?". Sans parler de la fois où, lors d'un travail d'équipe, j'étais allée superviser une table qui, manifestement, ne faisait pas partie de ma flotte. Encore aujourd'hui, j'ai interchangé les prénoms des deux gars de la classe seulement parce qu'ils avaient changé de place. Vous voyez à quel point il est facile de me déjouer.
Alors pensez à moi demain, alors que ces étudiants me regarderont l'air déçu quand je trébucherai sur leur nom pour la quatrième fois. Et pas la dernière, croyez moi.
26 juillet 2008
Se tenir loin des cartes
Petit rallye avec la classe hier... les étudiants créaient leurs propres itinéraires grâce à des instructions et à une carte. J'ai cru bon de vérifier leur trajet et d'apporter quelques modifications par souci de clarté et de faisabilité.
Vous connaissez mon légendaire sens de l'orientation.
Une première partie des étudiants est rapidement revenue à l'école, l'air paniquée. On a tout de suite flairé le problème. Ils ont conclu que les instructions ne fonctionnaient pas dès les premières lignes, pestant contre l'étudiant qui avait fait cette partie du trajet (oups!). Un autre groupe a fait le parcours de façon complètement erronée. Finalement, une autre partie des étudiants se sont complètement perdus et ne sont revenus qu'à la fin du cours, épuisés.
Morale: Tu ne touches plus aux cartes. Genre, plus jamais.
Mais rassurez-vous, j'ai quand même été punie. Ces charmantes bêtes ont réussi à me mettre "la camisa negra" en tête, et depuis hier, ça ne veut plus en sortir. Beau week-end en perspective.
05 juillet 2008
Lembrança do Senhor do Bonfim da Bahia
"En souvenir du Seigneur de Bonfim de Bahia"

Les étudiants brésiliens viennent et repartent, et il arrive quelques fois qu'ils nous laissent un peu d'eux. Biscuits, emails, carte postale de Copacabana ou de Santa Catarina, mots gentils, invitations, gri-gris porte bonheur, médailles et... les fameux bracelets Bonfim. Nouez-les à l'aide de trois noeuds autour du poignet, faites un voeux, et il se réalisera... à condition de ne pas l'enlever avant que le temps le détache lui-même. J'avoue ne pas croire à ces histoires, mais puisque chacun de ces souvenirs m'a été personnelement donné par des étudiants heureux de leur séjour et reconnaissants des heures passées ensemble, j'aime tout de même à croire qu'ils dégagent une énergie positive et bienveillante.
Bonfim (1745) est une église située à Salvador de Bahia, au Brésil, et est reconnue pour ses nombreux miracles.
Majeure et certifiée

En recevant ma carte de RCR cette semaine, j'ai tout de suite pensé au long week-end que j'avais passé enfermée avec plusieurs de mes collègues pour notre formation de premiers soins. Un cours plutôt intense, qui s'était étiré au-delà des 14 heures promises. À la fin, j'en avais vraiment marre. C'est qu'avoir des profs comme étudiants, ce n'est jamais de tout repos! Nos nombreuses questions, notre perfectionnisme et notre intense participation avaient dû décourager notre pauvre instructeur, qui s'était vu faire des heures supplémentaires. Par contre, il était fort, ce gars-là. Imaginez un ancien soldat tout droit sorti de son ancienne Yougoslavie, professeur d'arts martiaux russes, nous parlant avec un accent serbe de bandages, de survie et des bienfaits du "duct tape". Impressionnant. C'est comme un croisement entre le docteur Kovac et Rambo.
Bref, j'ai ma carte, et j'espère ne jamais devoir m'en servir. Faites donc bien attention à vous...









