26 juin 2007
Rörelseuppskattningssökningsrymdsinställning
Pour ceux qui trouvaient 'anticonstitutionnellement' trop court, sachez qu'il se fait mieux du côté suédois (ou plutôt bien pire). Je crois qu'une bloggeuse en avait déjà fait mention, mais je reviens à la charge avec le phénomène, puisque je suis confrontée à ces horreurs à chaque nouvelle composition. Et je ne m'en sors pas. Le sammansättning, ou le mot composé... Pourquoi s'encombrer d'espaces et de traits d'union quand on peut coller tous les mots ensemble pour n'en former qu'un seul? Par exemple, svart (noir) et vit (blanc), s'unissent pour former "svartvit" (noir&blanc), et huvud (tête) et värk (douleur) vont former "huvudvärk" (besoin de traduction?). Le problème, c'est que ces mots que vous trouvez mignons peuvent se grouper à l'infini, formant parfois de véritable monstres (voir le titre). Évidemment, je finis toujours par oublier de grouper, d'ajouter un "s" entre les morphèmes. Bref, si quelqu'un connaît un bon "tumregel", je suis preneuse.
24 juin 2007
Evighet... pour une longue nuit d'été

En gång var vår sommar
en evighet lång.
Vi strövade i soldagar
utan slut en gång.
Vi sjönk i gröna doftande
djup utan grund
och kände ingen ängslan
för kvällningens stund.
[Karin Boye, 1935]
Il fut une fois notre été
long comme l’éternité.
Nous nous promenions les jours ensoleillés
sans jamais nous arrêter.
Nous sombrions dans de verts parfums
profondément sans raison
et ne ressentions aucune appréhension
au moment du soir.
[ma traduction rapide... j'ai sacrifié un peu du sens pour la rime et le rythme]
la suite ici (på svenska förstås)
23 juin 2007
Mon premier midsommar

C'était en 1999, en Finlande. Après une longue promenade en bateau à travers les îles du nord de Turku, nous étions descendus sur un petit lot de terre avec une cabane rustique en plein milieu. La toilette était non loin de là, impeccable, dans un petit cabinet de bois. Quelques panneaux le long de la plage indiquaient que la cabane s'éclairait grâce à l'énergie solaire et de grands barils semblaient recueillir l'eau de pluie pour la cuisson. Le bateau était chargé de victuailles pour la soirée, et nous avions aidé à décharger les tartes, les pots de hareng, le saumon et les pommes de terre sur la terre ferme.
Je me rappelle d'une balade en chaloupe avec mon amie Sara et son copain Walter à la rame. D'une promenade pour explorer l'île et de la découverte d'une grande clairière qui semblait autrefois être un champ. Je me rappelle de nombreuses parties de cartes et de salmiakki, de grands repas en famille à l'extérieur. Je me souviens de ce matin où, en revenant des toilettes, j'étais tombée sur la grand-mère de Sara qui ne parlait pas anglais. Elle m'avait bredouillé un truc en allemand, et comme je lui avais souri, elle s'était mise en tête que je le parlais. Une adorable femme.
Le midsommar s'était préparé toute la journée. La table était couverte de bonnes choses, dont l'inoubliable graavilohi (gravlax) de la mère de Sarah. Beaucoup d'invités sont venus ce jour là. Des oncles et des tantes (dont l'un a tenté de me convertir -sans succès- au lait caillé), le frère de Sarah et ses copains (tout un numéro ceux-là), des voisins.
Puis ce fut le temps du sauna traditionnel, un moment privilégié où les Finlandais profitent de la vapeur du feu pour socialiser et se détendre. J'ai été bien surprise de voir tout le monde enlever si gaîment ses vêtements et se jeter plus tard, dans le plus simple appareil, dans la mer glacée. Heureusement, j'ai eu une session de sauna privé en maillot de bain avec mes deux amis, où j'y ai appris tous les rituels. Il faisait bien chaud dans ce sauna, et assise sur la dernière marche, je devais respirer dans mes mains pour ne pas étouffer. Ça sentait bon le bouleau, puisque des branches servaient à activer notre circulation. Mais disons que la fraîcheur de l'eau de pluie avec laquelle nous nous lavions était la bienvenue. Ensuite, nous nous sommes jetés dans la mer pour ensuite retourner au sauna.
Évidemment, les choses se sont animées dans la soirée, et l'alcool coulait à flot du côté des Finlandais, qui chantaient et commençaient à radoter les mêmes vieilles histoires. Nous avons mangé avec nos doigts de drôles de poissons plats, fumés et grillés sur les braises par le père de Sara. Puis une fille a noyé son chagrin d'amour dans le sauna et a perdu connaissance en plongeant du quai. Le soir tombait, même s'il ne fait jamais tout à fait noir à cette hauteur du globe. Les jeunes se sont entassés dans la petite cabane pour discuter et le frère de Sara a préparé des cocktails pour les pauvres petits voisins de 14 ans venus nous saluer. On a regardé le soleil se lever, puis on est tous allés se coucher au grenier.
J'ai eu bien de la chance d'avoir été "adoptée" par cette gentille famille ce weekend-là. Je me souviens d'un midsommar suédois beaucoup plus amer. Le midsommar, comme toute fête nationale, est avant tout une grande réunion en famille et entre amis. En cette veille des célébrations de la Saint-Jean, je vous invite à penser à tous les expatriés et les visiteurs solitaires qui, en ce jour de fête nationale, loin de leur famille et de leur pays, se sentent plus seuls et plus différents que jamais au milieu de vos chants nationaux et de vos pique-niques. Qui initierez-vous à la joie des célébrations cette année?
(Bonne St-Jean à mes lecteurs québécois!)
20 juin 2007
Petit update
Quelques lignes pour parler de mon retour au travail qui s'est fait tout en douceur. Après plusieurs mois de presque vacances et de passages irréguliers chez les monstres de Solna, il était temps de recommencer! Nouveaux locaux au huitième étage, nouveaux tableaux (j'ai moi-même déballé ma brosse de son emballage!), même équipe géniale. Je me suis vite remise dans le bain. Ça fait du bien au moral de récupérer un vrai boulot et de se sentir enfin utile. Communication le matin, grammaire l'après-midi... de quoi occuper mes journées avec le monde fabuleux des verbes. Je déteste la grammaire, surtout quand il faut l'expliquer, mais je crois que je survivrai. C'est dans ces moments que l'on voit la différence entre les mécanismes d'apprentissage d'une langue maternelle et d'une langue seconde, alors qu'on se voit forcer d'inventer des règles et des classifications pour expliquer des conjugaisons auxquelles on ne pensent même pas. Cette session-ci, les classes sont surchargées, ce qui n'est pas un problème, bien que ça change un peu la dynamique. Avec la température chaude, le soleil, le son des guitares et la prédominance d'étudiants d'Amérique latine, on se croirait dans le sud! De quoi voyager tout au long de l'année.
Le soir, je me fais par contre élève, et je dois me plier aux exigences de mon cours d'écriture à distance. Un peu plus difficile de garder le tempo, maintenant que j'ai autre chose en tête. J'espère seulement pouvoir terminer (commencer) mon "referat" d'un texte de dinosaures avant la fin de la semaine. Faut savoir trouver le temps...
Comme vous voyez, de moins en moins de contenu suédois dans ce blog, et de moins en moins envie d'en parler. Je m'interrogerai prochainement sur son avenir, et comme toujours, je vous tiendrai au courant.
11 juin 2007
Mon obsession
Oui, j’ai un aveu à faire… je nourris une fascination sans bornes pour le métro de Stockholm. Si certaines rêvent de devenir ballerine, j’aurais certainement rêvé de travailler pour SL si j’avais eu quelques années de moins. Je décide donc de consacrer à cette obsession un looong billet, que ceci vous plaise ou non.
Ce métro, je l'adore. À ma toute première visite à Stockholm en hiver 2005, je me souviens avoir passé une soirée entière à explorer tout le réseau, ne quittant un wagon que pour entrer dans un autre. On s’appuie contre la fenêtre, on écoute le nom de chaque station, on regarde les passagers qui entrent et qui changent au gré des différentes lignes. Ici des étudiants, là des étrangers, là encore des jeunes se préparant à une fête.
Pour moi, ce métro, c’est les artères de la ville, c’est Stockholm même. Chaque station, chaque tunnel, chaque trajet a son cachet, son histoire et sa signification particulière. J’ai même rarement regardé une carte de la ville, le réseau du métro étant pour moi la référence en fait de géographie (on voit ce que ça a donné aussi).
Il y a d’abord le T-Centralen, la station centrale, le passage obligé. Prenez la sortie du Cityterminal et vous vous retrouverez dans le grand hall, perdu au milieu de valises, de trains, de voyageurs, de comptoirs de restauration rapide. Prenez plutôt la sortie Sergelstorg et vous pourrez vous promener dans les nombreuses galeries souterraines, visiter la Kulturhuset qui surplombe la grande place aux allures d’échiquier, vous jeter dans la ville, ou donner rendez-vous à des amis au pied des escaliers.
Il y a la peu séduisante station Universitet, avec une seule sortie, un mur de céramique couvert de texte que l'on se surprend à déchiffrer lorsque le train tarde et de longs escaliers. Il vente toujours très fort au sommet. Dehors, il y a des étudiants qui reviennent de leurs cours, des affiches pour des manifestations ou des fêtes prochaines, un grand terrain vague menant à mon appartement, le symbole ICA qui s’illumine le soir du haut de la colline.
Il y a aussi la station Tekniska Högskolan, où j’ai passé la première partie de mon séjour. La sortie Körsbärvägen a une odeur de riz vapeur à cause du petit resto asiatique qui offre des spéciaux midi aux étudiants. La porte de droite est souvent brisée et le couloir de gauche, où l'on en surprend plusieurs à fumer en cachette, mène directement à la rue Odengatan menant à ma banque, à la bibliothèque et à mes cours du soir.
Le métro de Stockholm, c’est aussi l'imposant Slussen, porte d’entrée du Södermalm d’où l’on peut contempler la vieille ville, c'est Mörby Centrum et ses emplettes du dimanche matin, Globen et son gros globe la nuit, Gamla stan avec son odeur de brioche et ses musiciens douteux, le grand tapis roulant menant à Kungsträdgården qui nous donne l’impression de marcher à toute allure, un voyage depuis Brommaplan, Östermalmstorg et ses musées, les promenades depuis Liljeholmen, Solna Centrum et ses murs rouges après une journée chez les monstres, Axelsberg et ses grosses lettres éparpillées le long des rails, Fittja à une lettre près de l’indécence, Odenplan et ses cours du mercredi soir, Medborgarplatsen et ses sorties au cinéma, la verte et haute Hallunda…
J’ignore au juste pourquoi j’aime tant ce métro. Son ancrage dans la culture et la vie stockholmoise peut-être, sa façon rassurante de dire « nästa… T-Centralen », ses allures de grotte, ses wagons qui glissent silencieusement sur les rails sans vous forcer à suspendre votre conversation jusqu’à la prochaine station, les dessins un peu hideux sur ses bancs bleus, les publicités le long de ses escaliers, la surprise qu’il offre lorsqu’il se pointe le nez dehors, son air de soucoupe volante, ses machines rouges à bonbons, ses bruits, etc etc etc...
Les courageux qui veulent poursuivre la visite iront voir les images de:
Le site anglophone:
http://www.kynerd.nu/Tunnelbanan/Tunnelbanan.html
vous permet aussi de visiter presque toutes les stations de Stockholm grâce à beaucoup d'images et d'explications. Vous pouvez également voyager directement à bord en allant fouiller sur youtube.com. Se upp för dörrarna!
07 juin 2007
Des colis et des plateformes

Chassez la Suède, elle revient aussitôt au galop... dans un paquet cartonné de chez Bokus. Mon cadeau "à moi de moi" m'est arrivé cette semaine, de quoi me donner assez de lecture nordique pour passer l'été. J'ai pris un peu de tout, question de ne pas m'ennuyer. Après l'interminable Ett öga rött et le soporifique Svinalängorna, j'avais envie de parer à toute éventualité.
Cette semaine marque aussi le début de mes cours à distance et c'est avec soulagement que je viens d'envoyer mon premier "uppgift". Mine de rien, ça prend beaucoup d'énergie écrire dans une autre langue. Aveuglé par l'ambition d'écrire un truc à la hauteur, la phrase complexe finit par nous péter à la figure et il faut bien se rendre à l'évidence qu'il faudra avancer un pas à la fois. L'humilité est la clé de l'apprentissage. La plateforme de la folkuniversitet est très bien faite et il est facile de communiquer avec son professeur et avec les autres participants (apparemment tous morts depuis mon inscription). Avec les cours qui commencent la semaine prochaine (et cette fois-ci j'enseignerai à des humains civilisés) et quelques projets en tête, l'été s'annonce très productif.
05 juin 2007
la liberación está cerca... o quizá no

C'était dans l'air... Uribe s'est finalement décidé à libérer des guerrilleros FARCs, une initiative malheureusement reçue comme une farce (sans jeu de mot) de la part des FARCs. Réelle tentative d'en arriver à un accord avec les FARCs, ou simple coup médiatique de Sarko et d'Uribe? On pourrait facilement baisser les bras si ce n'était pas le seul rayon d'espoir qu'on ait eu depuis l'enlèvement d'Ingrid et de Clara il y a quatre ans (sans parler de tous les otages détenus depuis déjà des années en Colombie). Malgré le rejet du plan, espérons tout de même qu'il ouvrira la porte à un rapprochement et à un dialogue entre les deux côtés.
Sepa más sobre Ingrid:
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
http://www.4ingrid.com/princ/accueil.htm
03 juin 2007
ZzZzzZzzz
Il faudra vous y faire, je n'ai pas l'intention d'ajouter beaucoup d'autres billets à ce blog. Mais pour le moment, je rajoute quelques lignes qui ne plairont pas à tout le monde. D'abord, la majorité de mes lecteurs ne mettrons jamais la main sur ce livre et s'en balancent royalement, et ceux qui l'ont lu l'on plutôt aimé alors que moi.. non. Disons que côté public cible, il faudrait revoir ça.

J'ai enfin terminé de lire Ett öga rött. Incontournable de la littérature suédoise moderne, tant par sa notoriété que par sa couverture rouge et dorée qu'on ne peut vraiment pas manquer à chaque visite à la librairie, j'ai fini par céder et par plonger dans l'univers d'Halim, un jeune immigrant vivant avec son père dans un quartier de Stockholm, croyant en l'existence d'un complot national d'intégration et détestant tous les "svennar" et leur culture et blablabla. Déformation professionnelle aidant, le livre m'avait d'abord attiré parce qu'il était soi-disant écrit en rinkebysvenska, une variété du suédois entendue dans les banlieues immigrantes de Stockholm. Ah oui? À quelle page? Disons que c'est une version très light si l'on compare à certains livres jeunesse et à ce que l'on entend dans les écoles. Juste assez exotique pour intéresser une blonde lectrice d'Ekerö et pour garder son lectorat.
Avec son argot de banlieue et ses flèches envoyées à la société suédoise, Khemiri n'invente rien avec son personnage d'ado rebelle qui se cherche dans une culture qui n'est pas complètement la sienne... un genre que l'on connaît déjà très bien (et en mieux) en littérature française. À part le hiphop suédois qui joue depuis longtemps avec la langue, le phénomène semble plutôt nouveau en Suède d'un point de vue littéraire, de là peut-être l'engouement général pour ce sujet qui, pour nous, peut sembler déjà réchauffé. Contrairement aux critiques, j'ai trouvé ça plutôt ordinaire comme roman. Halim est plutôt détestable et sa philosophie à deux balles sombre parfois dans le cliché. Sans parler du fait que l'auteur se nomme dans son propre roman (!!) (un crime littéraire d'une grande prétention que peu d'élus on le droit de commettre). Quant à la langue utilisée, elle semble plus près de l'exercice littéraire que d'un véritable reflet de la langue de rue (mais je précise que l'auteur n'a jamais prétendu le contraire). Il faut donc prendre ce roman pour ce qu'il est: ce n'est ni une autobiographie, ni un traité linguistique, ni un essai ou une réflection sur la question de l'immigration en Suède, mais la simple histoire d'un adolescent qui se cherche. Et c'est peut-être pour ces mêmes raisons que j'avais hâte de voir arriver la dernière page.








